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L’illettrisme en Belgique : quelle est la responsabilité de l’enseignement?

L’illettrisme en Belgique : quelle est la responsabilité de l’enseignement?

Molenbeek, est l’une des communes bruxelloises qui concentre le plus d’associations d’alphabétisation, après Bruxelles-Ville. Depuis quelques années, ces associations accueillent, dans leurs cours, de plus en plus d’apprenants déjà scolarisés. Comment expliquer que des personnes qui ont été à l’école au minimum jusqu’à la fin de l’école primaire, et parfois jusqu’en secondaire, soient dans l’incapacité de lire ou écrire ?

En 1914, la Constitution belge indique que l’école est obligatoire jusqu’à 18 ans et que l’enseignement est gratuit, à charge des pouvoirs publics. Le droit à l’instruction est donc reconnu comme un droit fondamental en Belgique! Et pourtant, parmi les apprenants qui fréquentent les cours d’alphabétisation, il n’est pas rare de trouver des adultes qui ont été scolarisés dans leur enfance ou leur adolescence. Et depuis les années 2000, de plus en plus de jeunes Belges scolarisés d’à peine plus de 18 ans rejoignent, eux aussi, des classes d’alphabétisation.

Comment expliquer que des personnes qui ont été scolarisées au minimum jusqu’à la fin de l’école primaire, et parfois jusqu’en secondaire, soient dans l’incapacité de lire ou écrire ?

Il est important de préciser que cette situation est nettement plus fréquente en Wallonie et en Région bruxelloise qu’en Flandre. La principale raison est que l’enseignement francophone est discriminant, inéquitable et conforte les inégalités sociales. Dans les faits, le système scolaire francophone forme de bonnes élites, mais les élèves en difficulté qui échouent au CEB sont souvent mal orientés et relégués vers l’enseignement spécialisé, l’enseignement professionnel ou des formations d’apprentissage. C’est là qu’ils sortent du circuit traditionnel et qu’un retour vers l’enseignement général devient impossible.

Selon Aurélie Ackerman, coordinatrice en charge des actions de sensibilisation et ancienne formatrice à l’ASBL Lire & Écrire, d’autres raisons peuvent également expliquer le phénomène :

« Souvent, les personnes en situation d’illettrisme qui ont fréquenté l’enseignement obligatoire ont vécu dans un home d’enfants, en famille d’accueil, en tous cas sans soutien dans leur scolarité. Elles ont pu avoir des parents analphabètes, qui n’ont pas pu apporter leur aide. Et un sentiment très fort d’avoir été rejeté du milieu scolaire. Ce sentiment de rejet va les poursuivre tout au long de leur vie d’adulte. Ce sont plusieurs de ces raisons qui peuvent se combiner et compliquer franchement la tâche de l’écolier ».

Laurie Meunier

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