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10(80) chiffres sur Molenbeek

10(80) chiffres sur Molenbeek

Bienvenue sur l’enquête « data », un travail journalistique spécifique réalisé non pas grâce à du travail de terrain mais grâce à l’analyse, le recoupement et la mise en forme de chiffres, statistiques et données en tout genre sur la commune de Molenbeek. Pour la réaliser, nous nous sommes concentrés sur l’analyse de quelques grands chiffres lancés à propos de la commune dans divers médias et discours politiques dans une finalité de « fact-checking », de contrôle de la véracité de l’information.

Accéder aux différents chapitres de l’enquête :


I. Au coeur de la capitale européenne

2. Une commune en croissance

3. La multiculturalité molenbeekoise

4. « Molenbeek-la-pauvre »

5. Un chômage bien réel

6. Flagrant délit


« Cette ville de 96 000 habitants, limitrophe de Bruxelles »

Atlantico, le 17/11/15

Pour tenter de comprendre Molenbeek-Saint-Jean – couramment appelée par son diminutif Molenbeek –, il faut d’abord savoir replacer cette petite commune bruxelloise sur une carte. Plus on s’éloigne d’elle, plus sa position géographique semble floue, incertaine. Et l’exercice se révèle vite périlleux pour les médias étrangers. Ainsi, pour le pure player français Atlantico, Molenbeek se définirait comme une « ville » mais elle serait également « limitrophe de Bruxelles ». La chaîne française TF1 et le quotidien britannique The Guardian ratent, eux aussi, l’épreuve en plaçant Molenbeek – orthographiée « Molembeek » par le journal anglo-saxon – en Flandre. Pour la petite anecdote, les deux médias ont confondu la commune bruxelloise avec Molenbeek-Wersbeek, une section de la commune belge de Bekkevoort.

« Bruxelles, (…) constituée de 21 communes, dont Bruxelles Ville et Molenbeek »

Le Monde, le 23/11/2015

        Cette fois-ci, Molenbeek se retrouve bien à l’intérieur de Bruxelles mais la voilà accompagnée de 20 communes… L’explication est toute simple : la commune d’Ixelles est répartie en deux sections, séparées par l’avenue Louise dépendant de Bruxelles-Ville. Cette dernière paraît – à tort – scindée en deux sur certaines cartes. Voilà comment la capitale belge se retrouve affublée de deux communes supplémentaires.

Molenbeek est donc bien située au cœur de Bruxelles et fait partie des 19 communes de la capitale belge. Tout en dualité, elle est coupée par les lignes du métro qui séparent le « Molenbeek historique » du « nouveau Molenbeek ».
Molenbeek
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« Depuis les années 90, la population a augmenté de 50% avec le taux de croissance le plus élevé de Belgique »

Le Figaro, 21/03/2016

Molenbeek, comme située au point précédent, est l’une des 19 communes qui composent le paysage de la Région de Bruxelles-Capitale. Comparer son taux de croissance à une commune située dans le Hainaut ou dans le fond de la Province du Luxembourg semble non-pertinent, tant les données démographiques propres à Bruxelles ne sont comparables qu’entre elles.

L’affirmation du journal Le Figaro est doublement fausse. Après avoir vérifié les chiffres du taux de croissance de la population à Molenbeek, ceux-ci n’ont pas augmenté de 50% depuis le début des années 90, mais de 39%. La seconde affirmation est également incorrecte puisque Molenbeek est la 22e commune belge dont le taux de croissance de la population entre 1990 et 2015 a le plus augmenté. Somme-Leuze (Province de Namur) détient le taux de croissance le plus élevé à 70%.

Source : Direction générale Statistique – Statistics Belgium – SPF Economie

Cependant, il aurait été correct d’affirmer que Molenbeek est la commune bruxelloise dont le taux de croissance de la population a le plus augmenté sur cette période. Elle se trouve sur la première marche du podium dans la capitale, et non pas dans le pays. Dans le graphique ci-dessus, on pourrait croire que Bruxelles-Ville est la commune dont la population a le plus augmenté depuis 1990. Ce qui n’est pas le cas, mais le nombre d’habitants au sein de la commune étant très élevé à la base, on pourrait croire que l’augmentation de sa population surclasse celle des autres communes bruxelloises, or, lorsqu’on regarde au tableau ci-dessous, Bruxelles-Villes n’arrive que 7e dans le classement.

Source : Direction générale Statistique – Statistics Belgium – SPF Economie

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Une balade dans Molenbeek vous l’apprendra, ici plusieurs cultures se croisent. Enseigne de magasin marocaine à gauche, salon de thé au centre et café branché à droite, l’ensemble cohabite dans cette commune depuis maintenant une dizaine d’années. Ce mélange culturel s’accompagne de la présence – on le verra au point suivent – d’une population plus précarisée. Alors comment expliquer ces caractéristiques pour une commune qui ne se situe qu’à un jet de pierre des centres de décisions de l’Union Européenne ? Cette question, Sarah De Laet, géographe à l’IGEAT, y répond.

Loin d’être un cas isolé donc, Molenbeek fait partie de ces communes dont le passé industriel explique les réalités socio-démographiques d’aujourd’hui. Cette contextualisation importante, peu de médias la détailleront, préférant plutôt des chiffres évocateurs pour décrire cette commune.

« 8 habitants sur 10 sont d’origine immigrée »

BFMTV, 27/11/2015

« Mais être d’origine immigrée, ça veut dire quoi ? » C’est la première interrogation soulevée par Sarah Turine, échevine du dialogue interculturel à Molenbeek, quand ce chiffre apparaît dans un reportage de BFMTV. Sous l’apparente simplicité de cette question se cache une réponse loin d’être évidente. La raison ? Le sens du terme « origine immigrée ».

« Quand on dit que quelqu’un est d’origine immigrée, qu’est-ce que ça veut dire ? Que lui-même n’est pas né en Belgique, ses parents ou même ses grands-parents ? » Une fois ce questionnement posé, il devient difficile d’accorder du crédit à ce chiffre quand celui-ci n’est accompagné d’aucune explication. Car le problème vient bien de là : le manque de précision et la connotation derrière l’association des deux termes. Pour rappel, un « immigré », c’est une personne qui est accueillie dans un pays qui n’est pas le sien et où il compte s’installer. Pas de définition par contre pour ce qui est de «l’origine immigrée».

Si l’on fait abstraction du problème de définition, le chiffre, quant à lui, ne paraît pas si étonnant. Bruxelles est en effet la deuxième ville la plus cosmopolite au monde, selon le rapport de l’état de la migration dans le monde. Avec plus de 60 % de sa population née à l’étranger – précision importante-, elle devance par exemple New York ou encore Paris. Normal quand nous nous souvenons qu’elle abrite de nombreuses institutions européennes. Nous ne parlerons cependant pas de « population immigrée » pour des dignitaires européens, mais bien d’«expats»

D’où provient ce chiffre alors ? Impossible de le dire car il n’existe en réalité pas de statistiques reprenant les origines de la population. Seul moyen de catégoriser la population : avec la nationalité. Et là on remarque que, finalement, une grande partie de la population de Molenbeek est, avant-tout, Belge…

Source : IBSA et Statbel

«A Molenbeek, 41% de la population est musulmane.»

The New York Times, 11/04/2016

Dans son édito incendiaire intitulé « L’Etat islamique de Molenbeek », le journaliste Roger Cohen brandit ce pourcentage afin de soutenir son propos. Seul problème : il n’existe actuellement aucune donnée fiable concernant la pratique de la religion au sein de la population belge.

D’où provient ce chiffre alors ?

Des travaux du sociologue Jan Hertogen qui tente depuis plusieurs années d’estimer le nombre de musulmans en Belgique. Résultat de son travail, une carte interactive reprenant l’ensemble des communes du pays avec pour chacune son pourcentage de population musulmane. Mais là encore, plusieurs problèmes subsistent.

La méthodologie d’abord. Pour Sarah Turine, le scientifique fait fausse route : « Jan Hertogen associe religion et nationalité. Il est vrai qu’une majorité des personnes qui ont la nationalité marocaine sont musulmans mais il existe aussi des Marocains juifs ou catholiques .» C’est sur ce raccourci que se base une grande partie de l’étude.

La terminologie ensuite. Encore une fois, on est face à un problème de définition : que signifie être musulman ? S’agit-il d’une personne pratiquante ou simplement issue d’une famille musulmane ? Quand il s’agit de religion, Sarah Turine le rappelle, chacun est différent. Là encore nous constatons l’importance d’une explication et d’une contextualisation adéquates des mots utilisés.

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«A Molenbeek, le revenu moyen par habitant est de 776 euros par mois. »

Le Monde, 27/11/2015

Comme pour beaucoup de points de cette enquête, comparer les revenus des Molenbeekois n’a de pertinence qu’avec les revenus des habitants des autres communes de la Région bruxelloise. En effet, si on compare le revenu moyen par Province en 2012, la moyenne bruxelloise diffère totalement du reste du pays, et surtout des Provinces (Brabant-Flamand et Brabant-Wallon) qui la jouxtent. Le revenu moyen par habitant à Bruxelles s’élève en effet à 13.312 euros par an, ce qui en fait la Région où le revenu moyen est le plus bas en Belgique, en comparaison avec les 10 autres Provinces.

Si on regarde de plus près, au sein des 19 communes de la Région bruxelloise, on constate que le revenu moyen par habitant à Molenbeek en 2012 ne diffère pas tant des communes limitrophes, malgré les fortes disparités entre nord-ouest et le sud-est de la Région.

Il faut considérer ces chiffres en tant que revenus déclarés, ceux-ci ne prennent pas en compte les revenus non-déclarés (argent au noir) et les revenus à ne pas déclarer fiscalement (allocations familiales, allocations de soins de santé, etc.).

Source : Direction générale Statistique – Statistics Belgium

Molenbeek est donc, après Saint-Josse-ten-Noode, la commune bruxelloise où le revenu moyen par habitant est le moins élevé. Celui-ci est de 9.844 euros par an, soit 820 euros par mois. L’affirmation dans l’article du journal Le Monde (776 par mois) était donc presque correcte, à 44 euros près. A noter que la commune bruxelloise avec le revenu moyen par habitant le plus élevé est Watermael-Boistfort, avec 19.131 euros par an, soit près de 10.000 euros de plus qu’à Molenbeek.

«57% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Molenbeek est la deuxième commune la plus pauvre de Belgique.»

Le Monde, 27/11/2015

D’entrée, on constate que l’affirmation « Molenbeek est la deuxième commune la plus pauvre de Belgique » , est vraie. En effet, lorsqu’on visualise le revenu moyen par habitant dans chaque Province, c’est à Bruxelles que le revenu moyen est le moins élevé. Et au sein de la Région, Saint-Josse-ten-Noode affiche le revenu le plus bas, suivie de Molenbeek, qui est donc bien la deuxième commune la plus pauvre du pays.

Concernant le seuil de pauvreté, il est important de noter qu’en Belgique, celui-ci équivaut à 60% de la médiane du revenu disponible (soit la médiane du revenu dont dispose effectivement un ménage pour consommer ou épargner). Si nous comparons toujours avec l’année 2012, le revenu médian* étant de 21.654 euros par an (pour une personne isolée) en Belgique, le seuil de pauvreté s’élève alors à 12.168 euros par an, soit 1.014 euros par mois.

Source : Direction générale Statistique – Statistics Belgium

«Le pourcentage de personnes vivant sous le seuil de pauvreté par commune n’est pas connu en Belgique, ce chiffre n’existe pas» , dit Pierre-Philippe Treutens, statisticien à l’IBSA (Institut bruxellois de statistiques et d’analyses). Il explique : «Il n’existe pas de chiffres officiels avec une méthodologie claire et fiable. Le seuil de pauvreté est estimé à partir de l’enquête sur les revenus et les conditions de vie. L’échantillon prélevé n’est pas représentatif au niveau communal. On n’a pas ces chiffres.»

Le statisticien détaille : «Il y a d’autres manières d’approcher la question, via d’autres indicateurs comme le nombre de personnes qui ont droit au RIS (revenu d’intégration sociale, NDLR) mais cela sous-estime le seuil de pauvreté. Si on veut une approximation du seuil de pauvreté, il faut regarder le pourcentage de personnes bénéficiant d’une intervention majorée**. A Molenbeek, en 2016, ils étaient 41% à en bénéficier. On peut estimer qu’il s’agit d’une approximation du seuil de pauvreté, mais on est quand même loin des 57% donnés dans l’article du Monde.«Ca me semble très élevé, mais pas impossible non plus» , conclut Pierre-Philippe Treutens.

Source: IBSA – Institut bruxellois de statistiques et d’analyses

Cette précarité au sein de la commune est à mettre en relation avec le taux de chômage et avec les emplois peu qualifiés et moins rémunérés qu’occupent les habitants de la commune.

On parle également de taux de risque de pauvreté, il s’agit du pourcentage de la population dont le revenu disponible est inférieur au seuil de risque de pauvreté. Sur base des chiffres plus récents (2013), le nombre de Bruxellois vivant sous le seuil de risque de pauvreté est plus élevé qu’en Région wallonne ou flamande. Selon le baromètre social de 2015, entre 26,7% et 35,1% des habitants de la capitale vivaient sous le seuil de pauvreté.

Source : Direction générale Statistique – Statistics Belgium, Quality Report Belgian SILC 2014

* Le revenu médian par déclaration est le revenu qui correspond à la déclaration située au centre de la série, lorsque les déclarations sont classées par ordre croissant des revenus. Celui-ci n’est pas influencé par des valeurs extrêmes.

** L’intervention majorée est automatiquement accordée aux personnes qui bénéficient d’un avantage social ou d’un certain statut ( RIS, garantie de revenu aux personnes âgées, allocation aux personnes handicapées, enfants atteints d’une incapacité physique ou mentale d’au moins 66%, mineurs étrangers non-accompagnés, enfants inscrits en tant que titulaires orphelins). Elle peut aussi être octroyée aux ménages qui reçoivent de faibles revenus et ce, sur base d’un examen des revenus.

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« 36% de la population de moins de 25 ans est sans emploi. »

The New York Times, 11/04/2016

Si certains chiffres abordés lors de notre enquête semblaient tout droit sortis de l’imagination des journalistes, d’autres sont au contraire tout à fait justes. C’est le cas de ce pourcentage. En 2015, le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans atteignait bien les 36,1 %. L’année passée, il était légèrement plus bas à 31,5% mais, même avec cette baisse, Molenbeek-St-Jean reste la deuxième commune bruxelloise en matière de chômage de ses jeunes. La première place revient à Saint-Josse-ten-Noode avec à peine 0,2% de chômage en plus. A l’opposé, la commune de Woluwé-St-Pierre et ses 18,5% de chômage chez les moins de 25 ans fait figure d’exemple.

Bonne nouvelle cependant, ce taux de chômages des jeunes est en baisse depuis quelques années. En deux ans, il est passé à Molenbeek de 41,5% à 31,5%, soit une baisse de 10%. Pour ce qui est de la Région bruxelloise, on remarque également une baisse de 6% sur la même période.

Comment expliquer cette baisse ?
Dans son rapport sur le marché de l’emploi en Région de Bruxelles-Capitale, Actiris l’explique grâce à la mise en place d’une série de mesures pour le développement de l’emploi chez les jeunes. Cette garantie pour la jeunesse prend la forme d’un engagement pris par l’ensemble des pays de l’Union Européenne. L’objectif est ici de veiller à ce que tous les jeunes âgés de moins de 25 ans puissent bénéficier d’une offre d’emploi, d’une formation continue, d’un apprentissage, ou encore d’un stage. Le tout maximum quatre mois après que le jeune ait perdu un emploi ou fini ses études. Adopté en avril 2013, cet engagement semble pour l’instant porter ses fruits à Bruxelles et donc à Molenbeek.

« Le taux de chômage atteint 25% contre 8% pour l’ensemble du pays. »

Camer.be, 03/2016

Encore une fois, selon des rapports d’Actiris et Statistics Belgium, ce chiffre se vérifie. Mais là où le média qui expose ces résultats pèche, c’est dans la manière de les présenter. On compare ici une commune bruxelloise à l’ensemble de la Belgique. La différence paraît donc gigantesque car les réalités socio-démographiques diffèrent énormément d’une Région à l’autre. Si l’on resserre le cadre en comparant ce même pourcentage par rapport à la Région de Bruxelles-Capitale, on remarque que la différence est bien moindre, même si Molenbeek possède bien un taux de chômage supérieur à la moyenne de la Région bruxelloise.

Pour tenter d’expliquer  ce taux de chômage plus important par rapport à la Région Bruxelles-Capitale, il faut s’intéresser au profil des Demandeurs d’Emploi Inoccupés (DEI) à Molenbeek. Toujours selon Actiris, le niveau d’étude de ces DEI est plus faible qu’à l’échelle régionale et on y retrouve une proportion plus importante de personnes dont le diplôme n’est pas reconnu en Belgique. Ces deux éléments expliquent en partie le taux de chômage plus élevé à Molenbeek.

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« La commune de Molenbeek affiche un taux de criminalité en hausse. La police y a dénombré 2.690 faits.»

L’Echo, le 09/11/2016

Tout d’abord, re-contextualisons cette information. Au cours du premier trimestre de l’année 2016, la police ne recense que 211.713 actes criminels en Belgique. La criminalité est au plus bas. Il s’agit d’un exploit. Elle a même reculé de 20% par rapport au dernier record de 2011.

Néanmoins, L’Echo explique, dans son article, que le taux de criminalité à Molenbeek a, lui, augmenté. Lorsqu’on compare les chiffres – issus des statistiques de la police fédérale – du premier trimestre de 2016 à ceux de la même période des années précédentes, on s’aperçoit que l’affirmation du quotidien financier belge est juste. On constate également que le chiffre est exact.

Source : Statistiques de la police fédérale

Cette augmentation s’explique, notamment, par les hausses des vols avec circonstances aggravantes – violence, effraction, etc. –, des coups et/ou blessures, des détentions et du commerce de drogues et des escroqueries.

Source : Statistiques de la police fédérale

Cinq mois après l’article de L’Echo, les chiffres concernant les deux trimestres suivants de l’année 2016 sont sortis. L’augmentation du taux de criminalité à Molenbeek est faible mais bien réelle. Les hausses des vols avec circonstances aggravantes, des coups et/ou blessures, des détentions et des commerces de drogues sont toujours présentes. Seul le nombre d’escroqueries à finalement diminué par rapport à la même période les années précédentes.

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L’équipe data : Benoît Deplasse, Yoris Bavier et Mathilde Ridole.